Bienheureuse Natalia Tułasiewicz

Bienheureuse Natalia Tułasiewicz – martyre, apôtre laïc, patronne des enseignants.

Natalia (à droite) et sa sœur Zofia

"J’aime la vie et j’aime la terre”. Elle se disait poète, soulignant que sa poésie était inspirée par sa manière d’envisager la vie.

Natalia est née le 9 avril 1906 à Rzeszów (au sud-est de la Pologne), elle est la deuxième des six enfants d’Adam et Natalia Amalia, née Bromnik. Son père travaillait comme commis aux impôts, sa mère s’occupait de la maison et des enfants. Ceux-ci sont élevés dans une famille très aimante et patriote. Natalia était petite et physiquement fragile, mais elle avait une intelligence vive et était très affectueuse. En 1915, son père est transféré à Cracovie pour affaires. Toute la famille vient avec lui. Natalia va d’abord  à l’Ecole St. André chez les Pauvres sœurs de Ste Claire, puis au Collège Privé pour jeunes filles qu’elle a quitté pour l’école secondaire d’État au bout de trois ans. En 1921, son père obtient un meilleur travail de sorte que la famille  déménage à Poznań (à l’ouest de la Pologne), où Natalia poursuit ses études chez les Ursulines. En même temps, elle apprend à jouer du violon au Conservatoire. Malheureusement, elle doit rapidement arrêter de jouer du violon à la suite d’une  chirurgie  sur les glandes lymphatiques du cou.

À cette époque, après la mort de son jeune cousin toxicomane, Natalia, jeune fille de seize ans, réalise, qu’« aucune nourriture terrestre ne rassasie l’âme ni ne l’empêche d’aspirer à quelque chose de plus beau, [...] seul Dieu peut être le bien ultime, et nous ne pouvons désirer davantage ». Répondant à la question « pourquoi vivre », elle décrit le but de la mission de sa vie : « faire du bien aux autres » (31 aout  1940).

Elle est diplômée de l’école ursuline avec un très bon certificat d’études secondaires. En 1926, elle commence à étudier la philologie polonaise à l’Université Adam Mickiewicz de Poznań. Dès le début, elle est extrêmement active dans la vie universitaire et s’implique dans des   activités sociales et littéraires. Un an plus tard, la famille Tułasiewicz est en deuil, à la mort de  Maryla, sœur aînée de Natalia, morte à l’âge de 22 ans de la tuberculose. Natalia essaie de réconforter sa famille, en particulier son père, devenu diabétique en raison de son tempérament nerveux. Natalia et sa sœur étaient toutes deux  tuberculeuses. Natalia avait déjà subi plusieurs interventions et avait interrompu ses études pendant un an pour aller  vivre à la montagne  et se soigner. Elle y travaillait comme enseignante à l’école des sœurs de Nazareth. Après l’obtention de son diplôme, elle commence à travailler dans deux établissement scolaires : l’école coéducationnelle de Saint-Casimir et le Lycée des Ursulines. 

Pendant ses études, Natalia rencontre Janek, qui se déclare communiste. Avec le temps, ils tombent amoureux et se fiancent. Cependant, au bout de huit ans, Natalia rompt ses fiançailles, en raison des idées et de la personnalité de Janek, ce qui la fait beaucoup souffrir affectivement.  Ce fut une expérience douloureuse pour elle. Dans son Journal, elle  revient souvent sur ces  années passées avec lui. Après un retour à l’équilibre, elle a une fois de plus une vie très occupée. Natalia donne des conférences, participe à des discussions animées au sein de l’Association catholique Congregatio Mariana, rencontre des amis et voyage beaucoup, y compris deux voyages à l’étranger : en Norvège et en Italie. Elle apporte  un soutien affectueux à sa famille  et les aide également  financièrement.

Natalia nourrit aussi sa vie spirituelle. Presque tous les jours, elle assiste à la messe et reçoit la Sainte Communion. Elle fait un jour de retraite mensuel et parfois part pour de plus longues retraites. Elle a coutume d’effectuer des adorations de nuit dans l’église ou tout simplement dans sa chambre. Dieu est son amour le plus important, son ami le plus cher et elle l’appelle « son Bien-aimé ». Elle avait appris à bien connaître les sœurs Ursulines et leur vie religieuse selon les vœux et, bien qu’elle sût  se sentir prête aussi à vivre ce genre de vie, elle discerna que  sa mission  était d’être dans le monde. « Je vis complètement et exclusivement  pour  Dieu. En ce qui concerne la forme de cette vie donnée à Dieu, une voix intérieure me dit de suivre mon propre chemin (ou plutôt, celui indiqué par le Christ pour moi) : rester dans le monde » (1er  janvier 1942).

Elle voulait parler de Dieu à tout le monde et partout. « Je veux porter le Christ, qui a pris mon cœur, pour vivre pour lu ; je veux le porter à tous les gens que je rencontre dans les rues, dans le tram, dans les bureaux, dans les magasins, dans les restaurants, les cinémas, les théâtres, partout ! Et si je sens un attrait artistique particulier envers l’art  théâtral et cinématographique, alors la joie que j’en retire, la joie qui m’est donnée à l’avance, doit être transformée en de telles valeurs qu’elles peuvent être données aux gens que je rencontre dans ma  vie » (1er novembre 1940).

À la suite du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, la famille Tułasiewicz quitte   Poznań pour l’est de la Pologne. De là, Natalia part pour Cracovie où, après quelques semaines, elle fait venir sa famille. À Cracovie et ailleurs, grâce aux  Ursulines, elle s’engage dans l’enseignement clandestin. Elle voyait la période de guerre comme « une période de retraite précieuse mais difficile ». Après la guerre, elle veut « rester à l’avant-garde de la lutte pour un nouveau visage, non seulement de la Pologne, mais du monde ». Dans la prière et la lecture des signes des temps, elle découvre son nouveau mode de vie - « être l’apôtre de l’amour du Seigneur dans un monde enragé de haine ».

Prête intérieurement à faire le sacrifice de sa vie au Seigneur, elle  entreprend une mission très risquée. En 1943, elle se porte volontaire pour travailler en Allemagne en tant que plénipotentiaire clandestine de la délégation gouvernementale et envoyée du Département pastoral de l’organisation clandestine « West ». Favorablement accueillie et entraînée par l’armée de l’intérieur, elle est envoyée à l’usine « Pelican » (transformée en armurerie) à Hanovre (Allemagne) pour aider les condamnés aux travaux forcés. Physiquement faible, mais forte spirituellement, après de nombreuses heures de dur travail physique quotidien, elle  remplit sa mission, souvent pendant les alertes et les bombardements. 

Bien que préparée à des difficultés inconnues d’elle avant son  départ, elle est surprise par le degré d’immoralité dans le camp (bagarres, vols, ivresse, prostitution). Natalia  entreprend des tâches d’une vaste portée sociale, culturelle et religieuse. Elle les décrit dans des lettres envoyées en Pologne. Elle fait également de l’apostolat auprès des condamnés d’autres nationalités. Elle  parlait allemand, français, un peu italien, et était heureuse d’avoir  l’occasion d’avoir des amis dans toute l’Europe après la guerre.

Le 29 avril 1944, en raison de l’imprudence d’un coursier de Varsovie qui rendait visite à Natalia, elle fut arrêtée. Elle est emmenée pour interrogatoire préliminaire à la prison de    Hanovre, puis emprisonnée à la prison de la Gestapo à Cologne. Elle est alors de nouveau  interrogée, battue et torturée. En septembre 1944, elle est envoyée au camp pénal féminin de Ravensbrück. Elle y poursuivit sa mission d’évangélisation. Dans cet enfer sur terre, elle n’abandonne pas son œuvre poétique. Elle organise  des services, combinant l’enseignement et l’éducation  sur ce qui est beau et ce qui est saint. Elle prépare des jeunes filles à l’examen de fin d’études secondaires pour après la guerre.

Épuisée par le travail  physique, la tuberculose et la faim, elle fut sélectionnée lors de  l’appel nominal du Vendredi Saint 30 mars 1945, et  le lendemain mourut dans une chambre à gaz, quelques jours avant la libération du camp.

Natalia a été béatifiée par Jean-Paul II, le 13 juin 1999, au sein d’un  groupe de 108 martyrs  de la Seconde Guerre mondiale. De cette façon, l’Église reconnait que son désir d’être sainte a été exaucé.  "J’ai le courage de vouloir être une sainte ... seule la sainteté est l’amour le plus complet, donc non seulement je veux, mais je dois être une sainte, une sainte moderne, une humaniste théocentrique ! C’est la ligne d’arrivée que je m’efforce ouvertement et courageusement d’atteindre” (14  août 1943).

Natalia voulait la sainteté non seulement pour elle-même, mais pour tout le monde. "Je veux la sainteté pour des milliers et des milliers d’âmes... Et travailler avec Dieu pour l’éternité, pour sa gloire, est un délice au-delà de  tous les  plaisirs “ (13  août 1943).

Plus d’informations sur la Bienheureuse  Natalia  Tułasiewicz en Polonais :
www.http://blogoslawionanatalia.eu/
Publications :
La bienheureuse Natalia Tułasiewicz. Une façon d’aimer. 
Auteur : Andrzej  Rzesoś
Publié en 2019   par  Flos   Carmeli

Fidélité à la grâce et à la parole. Bienheureuse Natalia Tułasiewicz. 
Auteur(s) : Jacek Hadryś, Barbara Judkowiak 
 Publié en 2018  par  Adam Mickiewicz Université de  Poznań, Département de Théologie
Contre la barbarie - lettres, journaux intimes, souvenirs. 
Bienheureuse Natalia Tułasiewicz
Publié en 2013  par  Flos   Carmeli 
 
 Au-delà de la terre, j’aime le ciel 
 Bienheureuse Natalia Tułasiewicz 
 Publié en 2013  par  Flos   Carmeli
Pour être un poète de la vie. Journal intime 1938-1943 
Bienheureuse Natalia Tułasiewicz
Publié en 2006  par Adam Mickiewicz Université de  Poznań, Département de  Théologie

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27/07/2020 Bienheureuse Natalia Tułasiewicz