Dire la vérité et promouvoir la guérison

28/10/2026

Dire la vérité et promouvoir la guérison

 

Les Ursulines des États-Unis participent à une démarche de vérité et de réconciliation en rendant accessibles leurs archives historiques aux familles autochtones à la recherche de leurs racines.

Face à la douloureuse réalité du racisme dans notre pays, la zone Ouest de la Région des États-Unis s’est engagée dans une réflexion sur le privilège blanc et sur les mesures concrètes que nous pourrions prendre pour lutter contre le racisme. Nous avons une longue histoire missionnaire dans le Montana et l’Alaska, et nous avons regardé lucidement notre implication dans nos pensionnats pour les peuples autochtones. Depuis longtemps, nous déplorons les souffrances causées par ces institutions ainsi que les traumatismes intergénérationnels qui continuent d’affecter les communautés autochtones aujourd’hui.

En esprit de vérité et de guérison, nous avons confié nos archives au Musée d’Histoire de Great Falls, dans le Montana. De nombreux autochtones disposent de très peu de documents sur leurs ancêtres ; rendre ces sources historiques accessibles est d’une valeur inestimable alors qu’ils recherchent leurs ancêtres.

Cette année, nous avons engagé un chercheur chargé d’explorer nos archives afin d’apporter un éclairage nouveau sur l’histoire de l’Internat St Pierre de Cascade (Montana). Ses recherches ont donné lieu à l’exposition ‘Voices of Our Ancestors’ (Voix de nos ancêtres) qui fut inaugurée au musée à la fin du mois d’août. Plus de deux cents personnes ont assisté à la présentation d’ouverture et ont exprimé leur gratitude pour cette ressource mise à leur disposition. Une enseignante a notamment expliqué qu’elle souhaitait y amener ses élèves afin qu’ils puissent faire leurs propres recherches sur leur histoire familiale.

Mary Lukin, membre de la nation ‘Blackfeet’ et du comité consultatif ayant contribué à l’élaboration de l’exposition, a raconté qu’elle savait déjà que l’un de ses quatre ancêtres ayant fréquenté l’Internat St Pierre, y était décédé à l’âge de quatre ans. Elle a ensuite partagé l’émotion profonde qu’elle avait ressentie en découvrant dans nos archives non seulement une photographie d’un membre de la fratrie avec son gâteau d’anniversaire, mais aussi des documents évoquant une jumelle décédée, témoignant de l’affection dont elle était entourée à l’époque.

Nous espérons que beaucoup d’autres personnes auront, comme Mary Lukin, l’occasion de retrouver dans nos archives des traces de leur histoire et d’entendre ainsi la voix de leurs ancêtres. L’exposition et sa présentation inaugurale ont offert aux Ursulines l’occasion non seulement de reconnaître publiquement la réalité du racisme dans notre pays, mais aussi de demander pardon pour notre part dans les souffrances causées par le colonialisme aux États-Unis.

Sister Dianne Baumunk, osu

 


De gauche à droite : Sœur Dianne Baumunk, Mary Lukin, Sœur Mary Dostal, Sœur Rita Kohut